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La place des écrans

jeudi 16 juillet 2015, par WEBMASTER

Notre mode de vie évolue et les nouvelles technologies numériques font aujourd’hui partie intégrante de nos habitudes. Télévisions, ordinateurs, tablettes tactiles, smartphones… les écrans sont omniprésents dans notre quotidien, mais également dans celui des tout-petits qui y sont exposés de plus en plus tôt et de plus en plus régulièrement.

Il est alors nécessaire d’être vigilant sur leur utilisation afin qu’ils ne fassent pas eux-mêmes « écran » à l’éveil et au bon développement des jeunes enfants. En effet, de façon spontanée et naturelle, les enfants sont attirés par ces écrans qui s’allument, s’animent, scintillent, clignotent, font du bruit... Ces stimulations visuelles et auditives vont ainsi capter et mobiliser toute leur capacité d’attention. Le développement de chaînes télévisées pour bébés et d’applications spécifiques « éducatives » pour tout-petits entraînent également une modification des apprentissages indispensables à leur bon développement. Pour bien grandir, le jeune enfant à besoin de bouger, d’expérimenter, de manipuler des jouets avec ses mains, de découvrir son corps et le monde qui l’entoure afin d’apprendre de ses propres expériences. Regarder ou jouer sur un écran limite les diverses acquisitions nécessitant de mobiliser l’ensemble de ces capacités qu’il va développer progressivement, au fur et à mesure de ses découvertes.

L’omniprésence des écrans dans le quotidien de l’enfant peut ainsi engendrer des troubles du langage, de la motricité, de l’attention et de la concentration, de la mémoire, de la sociabilité et des capacités relationnelles, de l’anxiété, du sommeil… Une utilisation régulière et/ou importante entraîne également un comportement sédentaire car, pendant ce temps, l’enfant ne bouge pas et ne pratique d’autres activités qui lui permettraient de se dépenser comme des activités extérieures. Ces activités sédentaires favorisent ainsi la prise de poids chez des enfants de plus en plus jeunes.

Impact des écrans sur notre alimentation

D’après l’étude Nutri-Bébé SFAE 2013 [1], 29% des 0-3 ans mangent devant un écran, dont 15% des bébés de 15 jours à 3 mois. Ces constats inquiétants sont bien souvent liés au mode de vie des parents où les repas de la famille se font devant la télévision, mais également lié au fait que certains enfants mangent seuls devant un écran, comme par exemple le biberon du matin pris devant les dessins animés.

Or, pendant les repas, les jeunes enfants ont besoin de se concentrer sur ce qu’ils mangent et non-pas sur des images (cela est également vrai pour tous…). En effet, les repas sont des moments d’apprentissages à part entière leur permettant de découvrir des saveurs et des textures variées, de savoir tenir et utiliser leur cuillère pour manger tout seul, de toucher les aliments, de parler de leurs sensations alimentaires et d’enrichir leur vocabulaire…

Lorsque l’on réalise une activité, des informations sensorielles (visuelles, auditives, tactiles, olfactives et gustatives) sont envoyées à notre cerveau qui analyse ce que l’on fait. Dans le cas d’un repas pris devant la télévision, les informations sensorielles qui lui sont transmises sont discordantes car deux activités sont réalisées en même temps : les informations visuelles et auditives sont dues à la télévision et les informations gustatives, olfactives et tactiles aux aliments consommés lors du repas. Or, pendant le repas, notre organisme évalue les quantités d’énergie et de nutriments qui lui sont fourni par rapport à ce qu’il a besoin grâce au « calcul » que réalise notre cerveau afin de nous indiquer quand nous en avons ingéré suffisamment et alors déclencher le signal de rassasiement. Ainsi, lorsque notre attention est mobilisée par une autre activité, il y a un décalage entre le moment où nous avons consommé suffisamment et le moment où nous allons percevoir notre rassasiement, ce qui fait que nous mangeons en réalité plus que ce que nous avons réellement besoin (en moyenne 20% de plus). En résumé, l’enfant va avaler machinalement son repas, sans savourer les aliments ni se rendre compte qu’il est rassasié.

A long terme, ce comportement habituel et répété peut favoriser une prise de poids progressive et perturber la perception des sensations alimentaires permettant l’organisme de trouver son propre équilibre. Les écrans « parasitent » également ces moments de partage et de convivialité que représentent les repas en coupant la communication et les interactions entre les convives.

La publicité alimentaire

La publicité alimentaire, notamment diffusée à la télévision, a pour objectif de donner envie au consommateur d’acheter le produit. Or, les jeunes enfants n’identifient pas les choses de la même façon que les plus grands. Les industriels ont donc développé des techniques spécifiques qui sont plus significatives pour eux et qui attirent davantage leur attention : des graphismes, des couleurs, des personnages attrayants ou reconnus par les enfants, des cadeaux et offres promotionnelles, des mélodies ou des chansons qu’ils retiennent instantanément… Ces éléments vont permettre de capter leur attention et de leur faire mémoriser visuellement le produit, pour ensuite les inciter à le réclamer lors du choix et/ou des achats alimentaires. La publicité influence ainsi le comportement alimentaire de chaque consommateur, notamment celui des enfants de moins de 10 ans, qui sont plus particulièrement sensibles à l’impact des images en raison de la grande plasticité de leur cerveau. Ils sont aussi plus enclins aux réactions affectives et montrent une plus faible réflexion, le jugement et l’esprit critique se développant plus tard. La plupart des préférences alimentaires se formant au cours de la petite enfance, les enfants sont alors plus susceptibles de développer des attirances durables à l’égard d’aliments de faible intérêt nutritionnel, gras, sucrés et/ou salé et sont ainsi plus à risque de surpoids en partie à cause de ces pratiques de marketing alimentaire. L’enfant est un aussi consommateur adulte en puissance, « fidélisé » dès son plus jeune âge, il pourra continuer à avoir les mêmes habitudes de consommation.

Afin de tenter de limiter cette influence de la publicité alimentaire, l’OMS a publié en 2010 12 recommandations ayant pour objectif que les enfants soient protégés des incitations publicitaires en faveur des aliments trop gras, trop sucrés ou trop salés.

http://www.who.int/dietphysicalactivity/marketing-food-to-children/fr/

Recommandations

Il est recommandé de ne pas mettre les enfants devant la télévision avant deux ans et le moins possible jusqu’à 3 ans, en limitant le temps passé à 20-30 minutes maximum par jour.

La télévision allumée à côté d’un enfant qui joue et qui ne la regarde pas forcément va avoir presque le même impact que lorsqu’il la regarde directement. En effet, il est alors plus difficile pour lui de concentrer son attention sur son jeu car il va être interpellé par un bruit, une musique, la luminosité de l’écran… et l’adulte qui la regarde ne va plus communiquer et interagir avec lui.

Entre 3 et 6 ans, il est important d’établir des règles sur les programmes, les jeux et les tranches horaires, tout en limitant le temps passé devant tous les écrans confondus à 1 heure maximum par jour.

Il également recommandé d’accompagner les enfants dans ces activités afin de favoriser une attitude « active » et non passive face à ces écrans : l’adulte peut inciter l’enfant à commenter ce qu’il voit ou fait, notamment pour lui permettre de prendre du recul par rapport à la réalité, il peut aussi répondre aux questions que l’enfant se pose s’il ne comprend pas tout ; cela est aussi l’occasion de partager un moment de jeu avec lui.

Pour plus d’informations : Recommandations 3-6-9-12 de Serge Tisseron

PDF - 7.1 Mo
3 6 9 12 - serge Tisseron

N’oublions pas que les parents et les adultes qui les entourent restent leurs principales ressources pour adopter un usage raisonné et raisonnable des écrans tout au long de leur enfance, et sûrement même au-delà !

Notes

[1] Etude Nutri-Bébé SFAE 2013 (Secteur Français des Aliments de l’Enfance) - Comportements alimentaires et apports nutritionnels chez les 0 à 3 ans

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