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La diversification alimentaire de 1 à 3 ans

jeudi 16 juillet 2015, par WEBMASTER

A partir d’un an, le jeune enfant a une alimentation diversifiée et variée : il découvre de nouveaux aliments et de nouvelles textures progressivement (selon les capacités de mastication et de déglutition propres à chaque enfant). Il a également dû s’adapter aux divers temps de repas, en famille ou en collectivité, et ayant une composition différente selon le moment de la journée.

Mais ses besoins sont encore bien spécifiques et différents de ceux d’un adulte, il ne mangera « comme un grand » qu’après l’âge de 3 ans, tout en maintenant des portions adaptées à son âge.

Certaines grandes erreurs sont à éviter, comme des quantités de protéines et/ou de sucres trop importantes, trop peu de bonnes graisses, de fer…

Selon l’étude Nutri-Bébé SFAE (Secteur Français des Aliments de l’Enfance) 2013, lorsque l’enfant rejoint la table familiale vers un an, il commence à consommer des aliments courants tels que les frites, plats préparés pour adultes, sodas… Ces habitudes peu adaptées peuvent alors créer des déséquilibres dans les apports nutritionnels des tout-petits. En effet, à partir de 1 an, plus de 80% des enfants ont des apports en lipides inférieurs aux apports moyens recommandés par l’EFSA, 95% des enfants ont des apports en sel supérieurs aux recommandations, entre 2 et 3 ans, environ 75% des enfants ont des apports en fer insuffisants et, à environ 3 ans, presque 4 fois plus d’apports en protéines que nécessaire.

Des quantités adaptées à son âge

Chaque famille d’aliments a sa place dans l’alimentation du jeune enfant, dans des quantités adaptées.

Le lait et les produits laitiers


Jusqu’à l’âge de 3 ans, le lait reste un aliment essentiel pour le jeune enfant : il est nécessaire d’apporter environ 500ml de lait de croissance par jour (liquide ou en poudre à reconstituer). Le lait de croissance reste recommandé jusqu’à 3 ans car sa composition nutritionnelle est plus adaptée par rapport à celle du lait de vache. En effet, les laits de croissance sont principalement enrichis en fer (au moins 20 fois plus que dans le lait de vache), en acides gras essentiels, en vitamines et sont également appauvris en protéines et en sodium.

Même si le lait de croissance est plus cher que le lait entier de vache (respectivement en moyenne 1,50 euros contre 1 euro le litre), il reste plus adapté proportionnellement pour couvrir les besoins en fer facilement assimilable par l’organisme :

  • il est moins onéreux que d’autres sources (ex : viande rouge)
  • il nécessite de moindres quantités d’aliments pour obtenir le même apport en fer (ex : lentilles, épinards…) Pour plus de précisions, vous pouvez consulter les Lettres à table « Laits & biberons… » dans l’article « Quel lait ? » et « Quand le végétal s’invite aux repas des petits… ».

Une partie du lait peut également être remplacée par des laitages de type yaourts, fromages blancs… Les laitages « destinés aux enfants en bas âge » ont une composition nutritionnelle plus adaptée à leurs besoins que les laitages classiques car leur teneur en protéines est réduite et ils sont également enrichis en fer, vitamines et acides gras essentiels.

Si l’enfant consomme les 500ml de lait de croissance nécessaire par jour, il est possible de lui proposer des laitages classiques de temps en temps et en quantité modérée. Dans ce cas, il est préférable de les choisir au lait entier.

En revanche, s’il consomme peu de lait adapté à son âge, les laitages spécifiques permettront d’apporter les nutriments qu’aurait dû lui fournir le lait infantile.

De petits morceaux de fromages peuvent également être proposés régulièrement aux jeunes enfants, au lait pasteurisé (à bien vérifier sur l’emballage du produit) ou à pâte cuite (ex : gruyère, emmental, mimolette…) uniquement. En effet, le lait cru et les fromages au lait cru sont des aliments très fragiles et donc à risque plus important de contamination par des bactéries. Ces aliments sont ainsi à éviter avant l’âge de 3 ans, il faudra attendre un peu pour leur faire découvrir l’étendue de notre patrimoine fromager français !

Pour plus de précisions, vous pouvez consulter la Lettre à table « Cheeeeese !! Le fromage dès le plus jeune âge » dans l’article « La place des fromages dans l’alimentation des enfants ».

Les fruits et légumes


Tous les fruits et légumes peuvent leur être proposés, qu’ils soient cuits ou crus (en fonction des capacités masticatoires de l’enfant), au cours de différents repas.

En pratique, par exemple :

  • Au petit déjeuner : de préférence un fruit cru en morceaux ou en lamelles pour que l’enfant le consomme facilement, ou bien le jus d’un fruit frais pressé ou ½ verre de jus 100% pur jus sans sucres ajoutés de temps en temps.
  • Au déjeuner : une crudité (initier les enfants à consommer des légumes crus en entrée ou un fruit cru en dessert) et/ou des légumes cuits souvent associés à un féculent en plat principal.
  • Au goûter : une compote sans sucres ajoutés ou un fruit cru
  • Au dîner : une soupe de légumes ou des légumes cuits, un fruit ou une compote selon ce qui a été consommé aux autres repas

Pour plus de précisions, vous pouvez consulter la Lettre à table « Les crudités : fruits et légumes essentiels à la santé ». 

Les féculents


Les féculents (produits céréaliers, pommes de terre et légumes secs) sont une source d’énergie apportée sous forme de glucides complexes. Ils sont donc indispensables à chaque repas, selon l’appétit de l’enfant.

Les légumes secs (lentilles, haricots rouges, flageolets, pois chiches…) seront introduits bien cuits, d’abord en purée ou en soupe, à partir de 15-18mois.

De nouvelles études publiées en 2014 remettent actuellement en question le principe d’une introduction précoce du gluten entre 4 et 7 mois et recommandent de revenir à une introduction progressive après 6 mois.

Pour plus de précisions, vous pouvez consulter la Lettre à table « Faites le plein d’énergie gourmand avec les féculents ! ».

La viande, le poisson et les œufs


De 1 à 3 ans, la portion adaptée de viande ou de poisson sera d’environ 30g par jour, soit 6 cuillères à café, généralement en une fois au déjeuner. Si les parents souhaitent en donner au dîner le soir, une demi-portion suffira le midi afin de ne pas doubler les apports quotidiens.

A partir de 3 ans, il faut compter 10g par année d’âge de l’enfant par jour (jusqu’à 10 ans, au-delà une portion = 100g).

Par exemple à 5 ans : 50g par jour, soit 10 cuillères à café, ou l’équivalent d’un demi steak haché de 100g par jour.

Concernant les œufs, il est recommandé de ne pas dépasser la quantité d’un œuf par jour (à la place de la viande ou du poisson).

Les charcuteries (ex : saucisses, saucissons, salamis, jambons secs…) ont des teneurs élevées en matières grasses et en sel, elles sont donc à limiter !

Attention également au jambon blanc (dégraissé et découenné), il est certes moins riche en matières grasses mais reste très salé, et il est parfois proposé en quantité trop importante aux enfants (une tranche fine = environ 50g).

Equivalences pour environ 30g (6 cuillères à café rases)

= 30g de viande = ½ tranche de jambon = ½ œuf

Petits rappels de quantité pour leur introduction chez les bébés :

 VIANDES ET POISSONSŒUFS
À partir de 6 mois révolus(7 – 8 mois) 10g/j (2 cuillères à café) Sous forme mixée ¼ d’œuf dur
De 9 mois à 12 mois 20g/j (4 cuillères à café) Sous forme hachée, avec des petits morceaux 1/3 d’œuf dur
2ème et 3ème années de l’enfant 30g/j (6 cuillères à café) Coupé, en morceaux ½ œuf

Les matières grasses


Il est indispensable d’ajouter quotidiennement un peu de matières grasses crues dans les repas des jeunes enfants. En effet, avec la diversification alimentaire, les apports en matières grasses d’origine lactée sont moins importants mais toujours essentiels pour son bon développement.

Pour cela, il est important d’ajouter, de préférence, une cuillère à café d’huile végétale : huile de colza riche en oméga 3, huile d’olive, huile de tournesol… ou bien une noisette de beurre à chaque repas.

Les matières grasses cuites et les fritures, plus difficiles à digérer, sont à limiter chez les jeunes enfants ; attention aux produits industriels (ex : plats préparés, produits frits, panés, biscuits salés et sucrés…) qui comportent des matières grasses cachées, parfois en grandes quantités.

Les produits sucrés


Le sucre, les confiseries, les confitures, les sodas, les crèmes glacées, les pâtisseries, les crèmes desserts, les chocolats… n’ont pas d’intérêt nutritionnel particulier même s’ils apportent de l’énergie très rapidement à notre organisme. Ils sont donc à consommer avec modération, mais pas à supprimer non plus car le plaisir gustatif est également important !

Consommés régulièrement et en quantité importante, ils peuvent favoriser une prise de poids ainsi que d’autres pathologies nutritionnelles. Ils peuvent également contribuer, en l’absence d’un brossage régulier des dents, à l’apparition de caries dentaires.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande, dans le cadre de son projet de nouvelle directive début 2015, un apport réduit de sucres libres tout au long de l’existence.

Le terme « sucres libres » s’applique aux monosaccharides (tels que le glucose et le fructose) et aux disaccharides (tels que le sucrose ou sucre de table) qui sont ajoutés aux aliments par le fabricant, le cuisinier ou le consommateur, ainsi qu’aux sucres naturellement présents dans le miel, les sirops, les jus de fruit et les concentrés de fruits ; cela ne concerne pas les fruits et légumes frais.

Chez les enfants comme chez les adultes, l’apport de sucres libres devrait être réduit à moins de 10 % de l’apport énergétique total (AET). Le ramener à moins de 5 % présenterait des avantages supplémentaires pour la santé, notamment pour la prévention du surpoids et de l’obésité ainsi que des caries dentaires.

Source : Organisation Mondiale de la Santé (OMS)

En pratique, 10% de l’AET (Apport Energétique Total) représente en équivalences de sucres simples (1 carré de sucre = 5g de sucres simples) :

  • pour un enfant de 12 mois : environ 4 carrés de sucre et demi (22,5g)
  • pour un enfant de 2 ans : environ 5 à 5 carrés de sucre et demi (25 à 27,5g)
  • pour un enfant de 3 ans : environ 5 carrés et demi à 6 carrés de sucre (27,5 à 30g)

Et pour 5% de l’AET, il faut diviser les quantités par deux !

Quelques repères : 1 carré de sucre = 5g de sucres simples

Exemples d’alimentsEquivalences de la quantité de sucres simples en carrés de sucre (en moyenne)
Un carré de sucre (5g) 1
Carrés de chocolat au lait (10g) 1
Un biscuit fourré au chocolat (20g)  1 à 1,5
Une barre de chocolat avec fourrage au lait (12,5g) un peu plus d’1 carré de sucre+ l’équivalent d’une cuillère à café d’huile
Brioche fourrée au chocolat 2 + l’équivalent d’une cuillère à café d’huile
Céréales pour petit déjeuner (portion de 30g)  2 à 2,5 carrés de sucre (selon la variété)
Un yaourt aromatisé ou sucré (125g) 3
Coupelle de fruits au sirop léger (120g) 3,5
Coupelle de fruits sans sucres ajoutés (120g) 2,5
Deux cuillères à café de confiture (30g) 3,5
Compote de fruits sucrée (100g)  3 à 4 (selon les fruits)
Une crème dessert (125g)  4 à 4,5 (selon le parfum)
Sodas (200ml)  4
Un verre de nectar de fruits (200ml) 4 à 5 (selon les fruits)

Sources : Table CIQUAL 2013 – Emballages alimentaires

Les boissons


L’eau est la seule boisson indispensable et nécessaire lorsque l’enfant a soif. Il est important de lui en proposer régulièrement à volonté pendant et en dehors des repas afin lui permettre de bien s’hydrater. En effet, l’enfant ayant une alimentation diversifiée consomme divers aliments contenant moins d’eau par rapport aux apports lactés importants qu’il avait plus petit.

Les boissons sucrées (ex : sodas, sirops, nectars, boissons à base de jus de fruits…) sont riches en sucres et ne calment pas la soif. Elles ne sont donc pas indispensables et ne doivent pas être consommées à la place de l’eau nature, notamment pendant les repas. Leur consommation doit rester occasionnelle, y compris pour les sodas « light », car l’enfant peut s’habituer au goût sucré systématiquement dans les boissons et refuser ensuite de boire de l’eau.

Pour plus de précisions, vous pouvez consulter la Lettre à table « Les boissons pour les tout petits ».

En grandissant, les enfants commencent à exprimer leurs refus ainsi que leurs préférences, notamment dans le domaine de l’alimentation. En effet, c’est à cette période que commence à apparaître la néophobie alimentaire. Il est donc essentiel, dès cet âge, de maintenir de bonnes habitudes alimentaires.

Pour plus de précisions sur le développement du goût chez l’enfant et la néophobie alimentaire, vous pouvez consulter la Lettre à table « Les crudités : fruits et légumes essentiels à la santé ».

Et avant un an ?

Quelques rappels essentiels pour bien réussir la diversification alimentaire :

  • Respecter l’âge d’introduction des aliments selon les nouvelles recommandations.
  • Maintenir les apports en lait car il reste l’aliment de base : en l’absence de lait maternel préférer les laits artificiels 1er âge jusqu’à 6 mois, 2ème âge de 6 mois à un an.
  • Proposer un aliment nouveau à la fois afin de surveiller la survenue d’une éventuelle allergie et laisser l’enfant découvrir chaque nouvelle saveur. Les aliments nouveaux sont normalement introduits à la maison par les parents avant qu’ils ne soient donnés par l’assistant maternel.
  • Proposer des préparations simples, à base d’un seul légume ou fruit au début, afin de les familiariser en douceur à de nouvelles saveurs. Les aliments seront bien cuits et mixés : légumes et fruits peu fibreux et doux, proposés à la cuillère, pendant 2 à 3 jours de suite. Une fois les produits simples bien acceptés et tolérés par l’enfant, des mélanges de légumes et de fruits peuvent être ensuite proposés.
  • Préserver la saveur naturelle de chaque aliment sans ajouter de sel ou de sucre aux préparations.
  • Adapter progressivement la quantité ainsi que la texture des aliments en fonction des capacités masticatoires et de déglutition propres à l’enfant.
  • Prendre son temps car chaque bébé a sa propre perception des nouvelles textures et des saveurs ; il est donc essentiel de s’adapter au rythme de chaque enfant.

La qualité de l’alimentation du jeune enfant a une importance capitale pour sa santé d’adulte en devenir et c’est entre 6 mois et 3 ans que se construit la palette alimentaire du tout-petit ainsi que ses bonnes habitudes, pas uniquement jusqu’à 1 an !

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