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Tous en cuisine !

jeudi 16 juin 2016, par WEBMASTER

Dans leurs jeux, les petits aiment imiter les adultes, en faisant semblant, comme en jouant par exemple à la dînette. En leur proposant de participer à la préparation d’un plat en cuisine, ils apprécieront rapidement de faire avec vous « pour de vrai », puis un peu plus tard tout seul ! Assurez-vous juste d’être bien disponible et disposé pour apprécier ce moment de plaisir partagé.

La cuisine : une activité d’éveil

Permettre aux enfants de cuisiner est l’occasion de les aider à se familiariser avec les aliments, notamment les fruits et les légumes qu’ils rejettent bien souvent à un certain âge après en avoir consommé sans difficultés tout bébé. Il est essentiel de se souvenir que le goût des tout-petits commence à s’éduquer au fil des premières années, mais qu’il se construit également tout au long de la vie !

La naissance du goût

C’est à partir du troisième mois de grossesse que le fœtus développe ses sens dans un ordre bien précis : le toucher, l’odorat, le goût, l’ouïe et la vue un peu plus tard vers le 7ème mois.

C’est dans le ventre de la mère que les premières expériences sensorielles ont lieu : les saveurs et les odeurs issues de l’alimentation maternelle traversent le placenta et modifient ainsi le goût du liquide amniotique que le fœtus avale régulièrement. Dès cet âge, la préférence pour le sucré est notée : plus le liquide amniotique est sucré, plus le bébé en avale.

Ensuite, après sa naissance, il poursuivra ses expériences gustatives à travers l’allaitement car le lait maternel peut avoir des saveurs différentes selon l’alimentation de la mère.

Le goût représente une infinité de saveurs et les scientifiques en distinguent quatre : le sucré, le salé, l’acide et l’amer. Si le goût et l’odorat sont étroitement liés, le goût fait partie d’un ensemble complexe qui fait appel aux cinq sens. De même que les autres sens, le goût évolue au cours des premières années et particulièrement au tout début lorsque l’enfant reconnaît ce qui l’entoure avec sa bouche. Il est alors essentiel qu’il puisse avoir une alimentation diversifiée, aux saveurs multiples.

Plus tard l’ouïe, la vision et le toucher viennent s’ajouter dans son appréciation des aliments : il regarde les aliments dans son assiette, les entend en les croquant, reconnaît les sensations tactiles comme le chaud, le froid, la consistance...

Puis, l’enfant devient plus sélectif lorsqu’il porte lui-même les aliments à la bouche. Le respect de l’enfant passe par le respect de ses goûts, il faut donc savoir accepter un refus tout en ne le considérant pas comme définitif.

Après avoir choisi les aliments de la recette, et peut-être même les avoir achetés ensemble au marché, la première étape consiste à reconnaître les ingrédients avec les enfants, sous forme de jeu :

  • les faire nommer les aliments s’ils les connaissent ou les leur présenter
  • recueillir leurs sensations en les observant avec eux (la couleur, la taille, la forme…), en les touchant (doux, lisse, rugueux, piquant, poudreux…), en les sentant et en goûtant un petit morceau en les préparant…

Cela leur permet de découvrir les aliments, d’éveiller et de cultiver leurs goûts, tout en enrichissant leur vocabulaire de façon naturelle et spontanée.

Pour poursuivre le jeu de reconnaissance, vous pouvez leur poser des questions afin qu’ils puissent identifier les aliments de différentes manières, en jouant par exemple avec les formes et les couleurs (ex : où est la pomme ? quel est le fruit jaune, rond… ?).

Après avoir préparé la cuisine (nettoyage des plans de travail, matériel et ingrédients sortis), veillez à prendre des ustensiles adaptés à leurs capacités motrices (couteau à bout rond, …).

Astuce : L’usage d’un gant de toilette permet de protéger les petites mains des coupures (ex : utilisation d’une râpe, d’un économe, d’un couteau…).

Les petits marmitons en herbe seront alors prêts à commencer la pratique, en suivant le modèle du « chef cuisinier » : après un lavage des mains [1] et une bonne protection des vêtements avec un tablier adapté !

Afin de garantir un moment plaisir et d’éviter toute frustration, il est important d’énoncer clairement aux enfants ce qu’ils pourront faire en fonction de leur âge et de leurs capacités ainsi que la part qui revient à l’adulte. Les plus petits vont apprécier de « touiller » les aliments en les mélangeant et en les remuant avec une cuillère, comme lors de la préparation d’une pâte à gâteau ou d’une purée, mais aussi de piquer la pâte à tarte avec une fourchette avant la cuisson. Un peu plus grands, ils vont être tentés de « mettre la main à la pâte » afin de pétrir les aliments pour réaliser une pâte sablée, un crumble… mais aussi une farce pour préparer ensemble de jolis légumes farcis. Ils vont aussi apprécier de façonner des biscuits pour le goûter : découper la pâte avec des emporte-pièces de toutes les formes, faire des boules dans leurs paumes de mains et les écraser, modeler des personnages, les décorer… Ils seront souvent très intéressés d’observer leur cuisson (changement de couleur, de taille…), seront sensibles à la bonne odeur qui embaume la cuisine et seront impatients de les croquer à la sortie du four qu’ils guetteront certainement avec grand intérêt ! Attention toutefois, lors de l’utilisation d’un four ou de tout autre appareil chauffant, à maintenir les enfants relativement éloignés et les empêcher de le toucher avec leurs mains afin d’éviter tout risque de brûlure.

Au début, les enfants ont besoin de voir très rapidement les résultats de ce qu’ils ont préparé, il est donc préférable de choisir des recettes faciles et rapides, avec un temps de préparation et de cuisson assez court. Ils auront ainsi tout le plaisir de déguster leurs réalisations et de les partager avec tous.

Les tout-petits, dès lors qu’ils tiennent assis seuls, pourront également prendre part à cette activité commune en étant bien installés dans leur chaise haute pour regarder les autres enfants cuisiner car ils adorent observer tout ce qui les entoure. Ils pourront également se familiariser avec les aliments en les touchant, les sentant et en les goûtant !

Astuce : Si vous avez cuisiné en plus grande quantité, il est possible de congeler une partie des plats, puis de reparler des aliments avec les enfants lors de leur consommation différée.

La cuisine : un lieu d’apprentissages

L’activité cuisine, en plus du plaisir d’un moment partagé, va favoriser un développement progressif de diverses capacités de l’enfant.

Elle permet, tout d’abord, de développer son habileté manuelle de façon ludique en favorisant l’acquisition progressive de la motricité fine grâce à la manipulation, la préhension (ex : saisir les aliments et les objets) et l’utilisation d’ustensiles de cuisine. Elle permet aussi d’accroître sa coordination main-œil car l’enfant va devoir être attentif à chacun de ses gestes, ce qui développera ainsi sa coordination psychomotrice et sa dextérité. Par exemple, les enfants aiment beaucoup les activités de transvasement : remplir et verser les aliments d’un contenant à l’autre demande de l’attention et de la concentration pour éviter d’en renverser. Une belle mise en pratique qui peut se faire par exemple lors de la préparation d’un délicieux gâteau au yaourt !

Astuce : Pour doser facilement les ingrédients de chacune de vos recettes, un simple pot de yaourt peut être utilisé par les enfants.

1 pot = 125ml de lait ou d’eau = 125g de sucre = 85g de farine = 125g de riz

Pour le mettre en pratique, voir dans la partie « Recettes » de cette édition.

Cuisiner permet, ensuite, de renforcer l’assurance de l’enfant : il va pouvoir développer une prise de conscience de ses capacités pour la réalisation de cette activité, la confiance en soi et en ses compétences ainsi que l’estime de soi. L’enfant va également développer des ressources personnelles qui favorisent le vivre ensemble et la découverte de ce qui l’entoure. Enfin, l’activité cuisine peut être une occasion privilégiée de transmission de recettes, comme celles dites « de famille », ainsi que de savoir-faire et « astuces » de générations en générations. Elle permet également de resserrer les liens des enfants avec la nature, en favorisant des comportements de consommation respectueux de l’environnement dès le plus jeune âge.

La cuisine est donc à la fois un moment éducatif, au travers d’apprentissages multiples et progressifs, mais également un instant de plaisir partagé entre les enfants, dès leur plus jeune âge, et les adultes qui les entourent (aussi bien les parents, que les assistants maternels, les grands parents…). Ils vont pouvoir ainsi « expérimenter » les aliments pendant la préparation et le repas lui-même afin de favoriser leur éveil sensoriel. Attention toutefois, le temps du repas n’est pas adapté à ce qu’ils jouent et encore moins avec la présence de jouets, les enfants doivent pouvoir être réceptifs à ce qu’ils mangent… [1]

Pour poursuivre les découvertes culinaires de façon ludique, vous pouvez éveiller l’intérêt des jeunes enfants aux aliments en utilisant des imagiers sur l’alimentation, en lisant des livres d’histoires autour de ce thème, en les laissant jouer à la dînette avec des aliments factices, en jardinant, en dessinant, en visitant une ferme ou un producteur local…

[1] Voir LAT « Le repas : un vrai temps d’apprentissages à préserver », dans l’article « Le temps du repas ».

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