Accueil du site > Halte à la pollution ! Pour une santé durable : adoptez des petits gestes au (...) > Protéger les jeunes enfants des substances toxiques

Protéger les jeunes enfants des substances toxiques

lundi 30 janvier 2017, par WEBMASTER

Les tout-petits sont plus vulnérables

Les jeunes enfants sont plus sensibles aux expositions à des substances chimiques, potentiellement toxiques, car leur organisme est en plein développement.

Ainsi, ils ont notamment une peau très fragile et encore immature à la naissance. En effet, au cours des premières semaines de vie, la peau n’est pas encore recouverte du film hydrolipidique qui la protège des agressions extérieures. De plus, du fait que la surface cutanée des tout-petits soit plus importante proportionnellement à son poids, cela augmente également les risques de contamination par des produits chimiques contenus dans les produits cosmétiques.

La peau représente ainsi une surface d’exposition importante, notamment lors des soins d’hygiène avec des produits de toilette. Les substances qu’ils contiennent sont alors quotidiennement au contact de la peau, favorisant ainsi leur pénétration dans l’organisme.

La zone du siège est principalement à risque car elle est fermée en permanence, chaude et souvent humide entre les changes, ce qui facilite le passage des produits dans la peau, d’autant plus s’ils ne sont pas rincés.

La peau des jeunes enfants peut aussi être fragilisée par des soins agressifs ou non-adaptés qui peuvent favoriser l’apparition d’un terrain allergique ou eczémateux. Il est donc nécessaire d’être vigilant aux produits cosmétiques utilisés pour l’hygiène quotidienne des enfants.

Les perturbateurs endocriniens

Certaines substances chimiques (ex : phtalates, parabènes, bisphénol A, certains pesticides…) vont, en pénétrant dans l’organisme, interférer et modifier les messages hormonaux envoyés au système endocrinien qui représente l’ensemble des organes possédant une fonction de fabrication et de sécrétion d’hormones. Elles vont ainsi imiter, « mimer » les hormones et modifier le système de régulation hormonal, ce qui peut engendrer un dérèglement du fonctionnement, et donc de l’équilibre, de l’organisme.

La toxicité des perturbateurs endocriniens dépend principalement de la durée d’exposition ; des pathologies ayant un lien avec ces substances chimiques peuvent donc apparaître au bout de nombreuses années.

Nous pouvons y être exposés quotidiennement via des produits de consommation courante comme les cosmétiques, les produits ménagers, les textiles, l’air, l’eau, l’alimentation… Leur nocivité est aussi liée à leur effet cumulatif, compte-tenu du nombre importants de produits pouvant être concernés et des risques quotidiens de les rencontrer : c’est ce que l’on appelle « l’effet cocktail » où plusieurs molécules présentes dans un ou plusieurs produits qui peuvent se combiner et ainsi augmenter leur toxicité ensemble.

Or, à certaines périodes clés de la vie, le système hormonal est particulièrement fragile :

  • pendant la grossesse car le système hormonal du fœtus est déjà actif in-utéro,
  • la petite enfance car les tout-petits sont en plein développement et, proportionnellement à leur poids, ils respirent et mangent plus,
  • la puberté avec un risque majoré de troubles de la maturation sexuelle. Il est donc essentiel de se protéger de ces substances car elles peuvent avoir des conséquences sur la santé à long terme, par exemple sur le système reproducteur (infertilité, puberté précoce), la croissance, le comportement et le développement (troubles neurologiques), favoriser certaines pathologies (surpoids, obésité, diabète, cancers hormonaux dépendants)…

Au-delà de l’atteinte à la santé des populations, ces substances chimiques peuvent également contaminer l’environnement dans lequel nous vivons.

Et dans notre environnement ?

Les jeunes enfants, tout comme chaque individu, sont en contact quasi-permanent avec de nombreuses substances chimiques dans leur environnement, de manière directe ou indirecte.

Par exemple au travers :

  • Des vêtements que nous portons au quotidien, à même la peau. Or, certaines substances chimiques sont bien présentes dans les tissus (les traitements des fibres anti-feu, anti-acariens, anti-tâches, imperméables, les teintures, les impressions…). Ces vêtements sont lavés régulièrement avec des lessives et des adoucissants qui peuvent laisser des résidus chimiques dans les tissus. Certains tout-petits mettent également facilement leurs vêtements à la bouche et absorbent ainsi certains polluants par voie orale, de même qu’ils passent à travers la peau, pouvant favoriser ainsi l’apparition d’allergies.
  • Des jouets que les enfants manipulent tous les jours, car ils peuvent eux aussi contenir des substances chimiques pouvant être inhalées ou ingérées (ex : phtalates dans les plastiques mous, HAP dans les plastiques rigides, formaldéhyde dans le bois contrecollé, perturbateurs endocriniens, résidus de métaux…). Ces substances peuvent ainsi polluer l’air intérieur, être irritantes pour les voies respiratoires, et certaines sont même identifiées comme cancérogènes. Les jouets connectés augmentent également l’exposition des enfants aux champs électromagnétiques, qui sont classés comme « cancérogène possible pour l’être humain » par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC).
  • Des produits ménagers utilisés régulièrement qui peuvent contenir des substances chimiques nocives à la fois pour la santé (irritantes pour la peau et les voies respiratoires, corrosives, cancérigènes, favorisant les allergies…) mais aussi pour l’environnement. Les tout-petits y sont plus vulnérables car ils se déplacent en rampant, à quatre pattes ou debout sur des sols fraîchement lavés et inhalent ainsi des composés volatiles libérés par les produits. Comme ils sont plus près du sol que nous adultes, ils y sont de fait plus exposés. Ils mettent également à la bouche toutes sortes d’objets (ex : jouets, vêtements…) qui ont pu être nettoyés avec des produits ménagers et peuvent en ingérer de cette façon.
  • Des emballages alimentaires et de leurs étiquettes qui peuvent contenir des perturbateurs endocriniens comme des phtalates, mais aussi des résidus de pesticides pouvant migrer dans les aliments à leur contact. Aujourd’hui, le Bisphénol A (BPA) est interdit dans les contenants alimentaires pour les moins de 3 ans ainsi que dans tous les matériaux de contact alimentaire (depuis janvier 2015).
  • Des aliments qui peuvent contenir pour certains d’importantes quantités de pesticides utilisés en agriculture pour lutter contre les organismes dits « nuisibles ». Ils peuvent être toxiques pour notre santé et les jeunes enfants y sont plus particulièrement vulnérables.

En tant qu’être vivant, nous sommes tous sujet à la bioaccumulation, c’est-à-dire que notre organisme est capable d’absorber et de concentrer certaines substances chimiques toxiques. Cette bioaccumulation se réalise également tout au long de la chaîne alimentaire, les éléments se transmettant des végétaux, aux animaux et à l’Homme en bout de chaîne de la consommation.

A cela se rajoute le phénomène « d’effet cocktail », qui est l’action combinée de plusieurs substances chimiques dont l’effet du mélange peut être plus nocif que la somme des effets pris isolément les uns des autres.

Il est donc essentiel de se protéger de ces substances toxiques au quotidien en adoptant quelques reflexes simples (voir conseils dans les articles « Des gestes à adopter au quotidien pour mieux se protéger et préserver les jeunes enfants » et « Un petit détour dans la cuisine… »).

La réglementation actuelle

La réglementation concernant les produits cosmétiques en France est la même que celle applicable dans les Etats membres de l’Union Européenne (règlement n°1223/2009). Elle définit l’interdiction de substances jugées dangereuses, la restriction d’usage de d’autres substances et l’autorisation de certains colorants, conservateurs et filtres UV. Elle impose également l’obligation de l’étiquetage de 26 substances parfumantes allergènes lorsqu‘elles sont utilisées en certaines concentrations.

Il n’existe pas de dispositions légales spécifiques pour les produits cosmétiques pour enfants. Toutefois, des comités d’évaluation des risques ainsi que des agences sanitaires (au niveau européen et national) peuvent émettre des avis et des recommandations spécifiques pour les produits destinés aux jeunes enfants, notamment concernant le siège.

En 2012, un rapport rédigé sous l’égide du Programme des Nations Unies pour l’Environnement et l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a reconnu l’importante menace qu’ils représentent pour la santé humaine, mais aussi pour les écosystèmes avec des effets sur la faune et la flore.

En France, une stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens est déclinée dans le PRSE 3 (Plan National Santé Environnement) avec pour objectif la réduction de l’exposition de la population, notamment des femmes enceintes et des enfants qui sont plus sensibles, et de l’environnement, tout en étant un moteur pour l’innovation industrielle (recherche, information et mise en œuvre de solutions de substitution viables).

Une proposition de loi visant à favoriser la substitution des substances chimiques dangereuses dont les perturbateurs endocriniens a été votée à l’Assemblée Nationale début 2016.

En juin 2016, la Commission européenne a publié une proposition de critères scientifiques définissant les perturbateurs endocriniens, mais elle ne couvre pas les perturbateurs endocriniens ’potentiels’, seulement ceux qui sont ’avérés’.

Dans les biberons, les contenants et les ustensiles alimentaires en plastique, rappelons que l’utilisation du Bisphénol A (BPA) est interdite en France depuis 2013 dans ceux destinés à l’usage des enfants de moins de 3 ans, et de manière généralisée depuis 2015 dans tous les matériaux de contact alimentaire. Pour plus de précisions sur le BPA, vous pouvez consulter sur le site de la « Lettre à table » la rubrique « En bref : Actualités sur le BPA » et la LAT « Mieux décrypter les produits pour mieux s’alimenter » dans l’article sur les contenants alimentaires.

Certes l’utilisation du BPA est aujourd’hui interdite, mais ce composé a été remplacé par d’autres substances, comme le BPS qui est structurellement similaire et qui peut ainsi potentiellement présenter des risques comparables.

Il est donc essentiel d’être toujours vigilant lors de l’utilisation de biberons, de contenants et d’ustensiles alimentaires en plastique (voir conseils d’utilisation dans l’article « Un petit détour dans la cuisine… »).

Le projet TENDR (Targeting Environnemental Neuro-Developmental Risks)pour cibler les risques environnementaux pour le développement neurologique

Une cinquantaine de chercheurs américains se sont associés autour de ce projet afin de démontrer les risques liés aux produits chimiques sur le développement neurologique des enfants. Ils ont ainsi publié une déclaration de consensus dans « Environmental Health Perspectives » en juillet 2016.

Selon leurs conclusions, les nourrissons et les jeunes enfants seraient particulièrement sensibles car leur corps et leur cerveau sont encore en développement. Les produits chimiques peuvent ainsi interférer avec les processus biologiques sensibles et conduire à des troubles neuro-développementaux tels que des troubles autistiques, des déficits de l’attention, l’hyperactivité, des déficiences intellectuelles et des troubles de l’apprentissage.

Les chercheurs y dénoncent notamment la méthode de substitution adoptée par l’industrie car, lorsqu’un produit chimique est retiré du marché en raison d’un effet toxique supposé, les fabricants le remplacent généralement par un produit similaire dont la toxicité n’a pas toujours été testée et pouvant présenter des risques comparables. En témoigne, selon eux, l’exemple du Bisphénol A, dont l’usage est interdit en France et dans plusieurs pays, qui est désormais remplacé par de nouveaux phtalates comme le Bisphénol S, structurellement similaire.

Les chercheurs réclament ainsi une régulation plus stricte des produits chimiques, et notamment une évaluation systématique, rigoureuse et préventive des effets éventuels de ces substances sur le développement neurologique de l’enfant, la période prénatale étant plus particulièrement vulnérable, tout comme la petite enfance et l’adolescence.

Concernant les produits ménagers, la loi impose aux industriels certaines mentions afin de protéger la santé des utilisateurs ainsi que l’environnement, mais elles sont bien souvent inscrites en tout petit sur les emballages. La règle principale concerne les ingrédients : le règlement européen (CE n°648/2004) n’impose pas d’afficher la totalité des ingrédients à l’exception des conservateurs, des désinfectants et des 26 parfums classés comme allergènes. La composition est donc renseignée sous la forme de fourchettes exprimées en pourcentages (moins de 5%, de 5 à 15%, de 15 à 30%, plus de 30%). Il doit néanmoins faire figurer le site Internet où le consommateur peut accéder à la composition complète du produit. D’autres indications sont également importantes à prendre en compte comme le mode d’emploi, les doses préconisées et les précautions d’usage.

Les pictogrammes de danger ont été modifiés en vue d’une harmonisation de l’étiquetage international avec de nouveaux symboles obligatoires dès juin 2017 : un losange blanc entouré d’une bordure rouge au lieu d’un carré sur fond orange jusqu’à présent.

Il est donc essentiel pour le consommateur de prendre connaissance de ces informations avant toute utilisation.

http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/13108_Prod-chimiques_nouveaux-pictos-danger_def_light.pdf

Réalisé par

logo_ireps

L'Instance Régionale d'Education et de Promotion de la Santé Bretagne - Antenne du Finistère

Adresse: 9, rue de l'Ile d'Houat
29000 Quimper
Telephone: 02 98 90 05 15
Site: www.irepsbretagne.fr
E-mail: contact29@irepsbretagne.fr

Avec le soutien

logo_ireps

du Conseil Départemental du Finistère - Direction de la solidarité, service PMI
Site: www.finistere.fr