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Les émotions chez le jeune enfant

vendredi 22 décembre 2017, par WEBMASTER

Dans le ventre de sa maman, le bébé éprouve déjà des émotions sans le savoir : il ressent des sensations, des éprouvés de la part de sa mère et il y réagit déjà avec des expressions notamment corporelles. Dès le début de la vie, les émotions sont « mise en mémoire » de façon implicite et non consciente chez le tout-petit, elles marquent chaque instant de la vie et l’enfant en gardera des traces. Les émotions vécues dans l’enfance et la petite enfance déterminent grandement le vécu des émotions à l‘âge adulte car elles sont liées à l’histoire de l’enfant : ses formes d’attachement, ses rencontres affectives… L’enfant éprouve ainsi des émotions dès son plus jeune âge, mais plusieurs années lui seront nécessaires pour savoir les identifier, les comprendre et parvenir à les exprimer positivement.

Le développement émotionnel chez l’enfant

Les connaissances actuelles permettent de savoir que la différenciation des émotions se fait de manière progressive, au cours du développement cognitif de l’enfant :

  • Dès la naissance, le tout-petit exprime ses premières émotions telles que le plaisir, la douleur et le dégoût (notamment en lien avec son alimentation).
  • A 1 mois, il est capable de sourire en réponse à une personne ou un objet qui lui sourit (ex : peluche souriante).
  • Vers 3 mois, il peut commencer à faire la distinction entre la joie, la surprise ou la tristesse. En effet, à cet âge, il peut déjà répondre différemment à l’expression du visage de la personne avec qui il est en interaction selon s’il est souriant ou renfrogné.
  • A partir de 5 mois, il peut distinguer les expressions émotionnelles « positives » de celles qui sont « négatives ».
  • Vers 7 mois, il peut être capable d’associer des informations de nature émotionnelle à la fois visuelles (expression du visage) et auditives (ton de la voix).
  • A 1 an, l’enfant commence à faire la différence entre lui et l’autre, il reconnaît ainsi l’émotion de l’autre : c’est l’empathie affective. L’empathie est l’aptitude qui favorise la compréhension de l’autre en se mettant, au moins partiellement, à sa place. Au cours de sa 2ème année, l’enfant sera en effet de plus en plus sensible aux expressions du visage et aux apparences pour attribuer une émotion à une personne (ex : un sourire signifie que la personne est contente).
  • Vers 2 ans, l’enfant maîtrise ses émotions de façon minimale et les exprime parfois très vivement. L’apprentissage du langage va contribuer à lui apprendre à les exprimer par des paroles plutôt que par des gestes (lancer, taper, mordre…), puis progressivement de façon plus adaptée.
  • Entre 4 et 6 ans, la « théorie de l’esprit » émerge : c’est l’aptitude à appréhender les croyances et les désirs d’autrui, puis, à partir de cette base, à imaginer ses intentions et anticiper ses comportements. Cela permet peu à peu à l’enfant de comprendre que l’autre peut avoir un point de vue différent, qu’il a une expérience du monde différente et qu’il peut ainsi penser différemment de lui (et vice versa) : c’est l’empathie cognitive. Il comprend que l’expression d’une émotion, ainsi que son intensité, dépend de la perception de la situation qui est propre à chacun. Vers 5 ans, l’enfant commence également à comprendre qu’il est capable d’imiter une émotion qu’il ne ressent pas et de dissimuler sa propre émotion (ex : sourire alors qu’il est déçu).
  • Vers 6-7 ans, l’enfant commence à comprendre qu’il est possible d’éprouver deux émotions différentes en même temps (ex : être en colère et inquiet, éprouver de la joie et être soulagé…).
  • Entre 8 et 12 ans, il parvient à comprendre des émotions plus complexes (émotions secondaires) liées à des règles sociales ou morales (comme la culpabilité, la honte, l’altruisme, la frustration…), mais également liées à la conscience de soi (comme la fierté, la jalousie, l’angoisse…). Il commence alors à comprendre la possibilité de réguler ses émotions (ex : apaiser la colère, faire durer la joie…), par exemple en pensant à autre chose pour réduire l’importance de son ressenti désagréable, en recherchant du soutien auprès d’un tiers ou en continuant à entretenir ce qui lui procure une émotion agréable. Vers 9 ans, il est également capable de se mettre émotionnellement à la place de l’autre en changeant de perspective émotionnelle : c’est l’empathie « mature ».

La « théorie de l’esprit » et l’empathie sont ainsi très liées, elles permettent à l’enfant de comprendre ce que l’autre pense en se mettant à sa place et à la fois qu’il ne pense pas forcément comme lui. Il saisit alors qu’il n’est pas « transparent », qu’une autre personne ne peut pas le deviner complètement, et en même temps qu’il n’a pas forcément accès aux pensées des autres ; on est alors dans la différenciation de l’individu.

Des conditions nécessaires au développement émotionnel : le besoin de sécurité

Nombre de chercheurs en psychologie reconnaissent aujourd’hui, parmi les besoins fondamentaux, l’un d’entre eux comme celui qui englobe les autres, appelé « méta-besoin » : il s’agit « du besoin d’établir des relations affectives stables avec des personnes ayant la capacité et étant disposés à porter attention et à se soucier des besoins de l’enfant. » (Brazelton, Greenspan, 2000). C’est le besoin de sécurité qui englobe les besoins physiologiques et de santé, le besoin de protection et le besoin affectif et relationnel.

D’autres besoins existent également et seront satisfait à la condition que les premiers le soient également. Il s’agit du besoin d’expériences et d’exploration du monde, le besoin d’identité, le besoin d’un cadre de règles et de limites, le besoin d’estime de soi et de valorisation de soi.

Mais pour que l’enfant se développe au mieux, cela implique également que l’adulte qui s’occupe de lui ait une représentation de ses besoins (la « théorie de l’esprit » dont nous avons parlé précédemment), de ses différences et que c’est à lui, adulte, d’y répondre car comme on le sait, le petit humain reste dépendant d’adultes bienveillants à son égard pour sa survie, et ce pendant plusieurs mois et années.

Des travaux ont contribué à transformer profondément notre connaissance du bébé et nous savons aujourd’hui que, très précocement, il mobilise un certain nombre de comportements innés pour chercher à faire venir à lui les personnes dont sa survie dépend.

John BowlbyL’un de ces travaux est la « théorie de l’attachement » : un chercheur du nom de Bowlby a montré que, c’est en expérimentant le fait qu’en cas d’appel le bébé pouvait compter sur la présence réconfortante de l’adulte, qu’il pouvait ainsi acquérir un sentiment interne de sécurité, l’autorisant à s’éloigner pour déployer ses propres comportements d’exploration. Les successeurs de Bowlby ont pu continuer ces travaux et les découvertes récentes en neurosciences viennent en confirmer la valeur tout en l’éclairant sous un jour nouveau. Nous savons maintenant que la manière dont le cerveau se développe dépend d’une interaction complexe entre les gênes hérités, les expériences vécues et de l’importance que l’adulte s’engage dans des interactions avec l’enfant en le considérant comme un être de dialogue qui a des choses à exprimer, en lui posant des questions et en l’écoutant.

La qualité des interactions entre l’adulte et l’enfant est la base du développement de l’attachement. Pour qu’un attachement confiant se développe chez l’enfant, l’adulte qui s’occupe de lui doit avoir deux qualités :

  • la sensibilité à ses besoins qui lui sont propres (être attentif à ses appels, capter des signaux de détresse, décoder les besoins qu’il exprime)
  • et la capacité d’y répondre de façon appropriée (réagir au bon moment, de façon chaleureuse, rassurante et apaisante).

Cette personne bienveillante, appelée encore « caregiver », transmet alors à l’enfant un sentiment de sécurité ; il comprend qu’en cas de difficulté il peut trouver auprès d’elle confiance, apaisement et réconfort. Ces deux habiletés, sensibilité et capacité de réagir, demandent une disponibilité de l’adulte à la fois sur le plan physique en étant réellement présent auprès de l’enfant mais également affectif.

Un attachement sécure avec un adulte en particulier, qui lui offre un environnement sécurisant, rassurant et stimulant, permet plus facilement à l’enfant d’explorer, de découvrir le monde qui l’entoure, d’aller vers d’autres et de s’attacher à d’autres personnes par la suite. En effet, il a ainsi une plus grande confiance en lui et manifeste davantage d’habiletés sociales : il sait exprimer ses besoins de telle sorte qu’ils soient satisfaits, il est donc capable d’agir sur son environnement, mais également d’apprendre par lui-même et pour lui-même. Les encouragements reçus par son entourage dans ce qu’il entreprend contribuent également à lui donner confiance en lui et en ses capacités, confiance qui l’accompagnera toute sa vie et qui lui permettra d’affronter les défis avec assurance sans trop se surestimer ou se laisser influencer. Cela contribue également à développer son estime de soi.

La figure d’attachement

La figure d’attachement principale d’un enfant est la personne qui s’occupe et prend soin de lui de façon privilégiée d’une façon stable au moins plusieurs mois, jusqu’à environ deux ans. Elle nourrit le sentiment de sécurité intérieure de l’enfant, par sa constance à être présente, à apporter bien-être, réconfort, repères, soins divers, tendresse, moments partagés, et à répondre à ses besoins. En remplissant son "réservoir affectif", elle permet à l’enfant de développer ses compétences émotionnelles, sociales et intellectuelles. A noter que l’enfant a une capacité à s’attacher à plusieurs personnes (figures d’attachement) sans contrarier les autres attachements antérieurs. Donc au-delà des parents, les professionnels (assistantes maternelles, assistantes familiales,…) qui s’occupent d’enfant régulièrement deviennent de nouvelles figures d’attachement, de nouveaux « caregiver ». La qualité de leur prise en soin aura donc un impact sur le développement de l’enfant et dans sa régulation émotionnelle.

Accompagner l’enfant dans sa découverte des émotions et leur utilisation positive

Comprendre et utiliser positivement ses émotions permet de se sentir bien au quotidien, d’éviter de se sentir mal dans certaines situations et d’avoir de bonnes relations avec les autres. En effet, il est essentiel de se sentir bien en soi pour pouvoir se sentir bien avec les autres. Alors, comment accompagner au quotidien les tout-petits sur ce chemin du bien-être, pour qu’ils puissent comprendre leurs propres émotions ?

Voici, en premier lieu, quelques clés pour comprendre comment fonctionne la régulation émotionnelle, notamment chez les jeunes enfants.

Le cerveau des enfants et les émotions

Les avancées actuelles des neurosciences nous permettent de savoir que les enfants n’ont pas la même façon que les adultes de réagir aux émotions car leur cerveau n’en n’a pas encore la capacité. En effet, durant toute l’enfance mais aussi l’adolescence, le cerveau de l’enfant est en construction : il est « immature » et mettra environ une quinzaine d’années pour atteindre sa taille adulte. A la naissance, le nouveau-né possède 100 milliards de neurones, dont seulement la moitié d’entre eux sont connectés. De nouvelles connexions vont se faire et se défaire tout au long de l’enfance et de l’adolescence, car le cerveau est un organe « plastique » pouvant remodeler ses connexions en fonction de l’environnement et des expériences vécues par l’individu tout au long de sa vie.

A la base du cerveau, l’amygdale est une zone particulièrement concernée par les émotions car le déclenchement émotionnel va en provenir. Cette base du cerveau étant encore immature, elle se construit et se mature de manière progressive dans l’enfance. Or, nous savons aujourd’hui que les émotions nécessitent aussi l’intervention de différentes parties du cerveau : des zones inhibitrices qui vont recouvrir depuis l’arrière jusqu’en avant ces zones émotionnelles et permettre de les réguler. Ces zones-là ne sont également pas encore fonctionnelles car elles ne sont pas encore bien reliées, et c’est notamment notre attitude vis-à-vis de l’enfant qui va petit à petit l’aider à construire les réseaux de neurones qui vont de l’avant jusqu’à l’arrière du cerveau et qui vont enseigner la régulation à son cerveau en construction.

Le fonctionnement du cerveau de l’enfant et de l’adulte est donc complètement différent. Quand l’adulte doit faire face à des émotions fortes, son cerveau dispose de la capacité d’analyser la situation, de prendre du recul et de se raisonner afin de pouvoir gérer cette émotion.

Pour aller plus loin : Vidéo « La plasticité cérébrale chez l’enfant » - Céline Alvarez Vidéo accessible en suivant le lien : https://www.youtube.com/watch?v=pnF...

Chez l’enfant, la zone située dans le cerveau préfrontal et qui a pour fonction de contrôler les impulsions étant immature, il peut céder plus rapidement à ses impulsions. Il perçoit alors les émotions de manière très intense, comme une vague qui le submerge et face à laquelle il ne peut rien faire. Etant prisonnier de l’immédiateté de sa réponse émotionnelle, cela peut ainsi donner naissance à des réactions émotionnelles qui peuvent alors sembler disproportionnées pour l’adulte, par rapport à la situation réelle. Les adultes sont bien souvent démunis devant l’intensité des affects des enfants et cherchent rapidement à les calmer, faire taire les cris, les larmes… dus à une déferlante d’émotions. Le cerveau de l’enfant étant ainsi fait, il est incapable de retrouver la raison et de se calmer seul car il n’a pas conscience de ce qu’il vit réellement.

Or, l’émotion a un sens, une intention, elle est guérissante, et ces décharges émotionnelles sont pour l’enfant le moyen de se libérer des conséquences d’expériences douloureuses. En effet, pleurer, crier, trembler… sont des remèdes naturels aux inévitables tensions de la vie quotidienne. L’émotion permet de récupérer, de se reconstruire après une blessure. A nous, adultes l’entourant au quotidien, de l’y aider en lui apprenant à identifier, à mettre des mots, à comprendre ce qu’il se passe à l’intérieur, à l’exprimer et à utiliser positivement les émotions. Il est également essentiel de lui donner la permission de libérer ses tensions, de lui offrir un espace pour décharger ses émotions, car il en sortira grandi pour pouvoir faire face aux difficultés de la vie.

La répression des émotions de l’enfant, en l’empêchant de les exprimer, peut avoir des conséquences délétères sur son développement cérébral car les molécules de stress alors libérées seront dommageables pour le cerveau d’un enfant en pleine croissance. Un blocage volontaire des réactions corporelles liées aux émotions (ex : retenir ses larmes, sa colère, ses tremblements…) pour les réprimer peut-être à la source de douleurs physiques et/ou psychiques, tout en maintenant le corps sous une pression et un stress constant. Ainsi, les émotions sont nécessaires au bon développement de l’enfant, pour son bonheur présent mais également à venir.

L’environnement affectif de l’enfant pendant ses premières années a des répercussions importantes sur la mise en place de ces connexions et donc sur la construction de son cerveau. Tout ce que l’enfant va vivre et tout ce que l’adulte va lui enseigner ou non va avoir un impact significatif sur son comportement, son apprentissage, ses capacités émotionnelles ou relationnelles. Chaque expérience vécue va laisser sur son cerveau des traces, parfois bonnes ou mauvaises.

L’apprentissage consiste à développer les liens entre l’émotion et la raison, ou plutôt entre la partie du cerveau qui gère l’émotion et celle qui contrôle la raison. Pour cela, il est important de reconnaître les émotions de l’enfant et de faire preuve d’empathie. Cela ne signifie pas que l’adulte doive ressentir la même émotion que l’enfant, mais plutôt d’être en capacité de comprendre et d’accepter ce que l’enfant est en train de vivre afin de pouvoir le rassurer. Chaque fois qu’il se sentira rassuré et en confiance, l’enfant pourra apprendre à faire face à ses émotions, à les reconnaître puis à les gérer. Il ressent ainsi au fil du temps tout une gamme d’émotions qu’il va petit à petit apprendre à percevoir, à différencier et ensuite à pouvoir les utiliser avec une réponse adaptée. L’intensité d’une émotion va dépendre de l’importance de l’expérience qu’il vit, mais aussi de la qualité des relations qu’il a avec la personne qui l’accompagne. Si l’enfant a un attachement sécure avec elle, il pourra probablement exprimer ses émotions plus simplement, il pourra les mettre en pensée et les réguler un peu plus facilement. Ainsi, toutes les personnes en interaction autour de l’enfant, y compris les professionnels de la petite enfance, ont un rôle à jouer dans l’apprentissage de la régulation des émotions, plus particulièrement pour décoder ce que l’enfant est en train de vivre. Mais, pour y parvenir, les adultes doivent nécessairement être à l’écoute eux-mêmes de leurs propres besoins et de leurs émotions (de les connaître, les identifier, les verbaliser, les exprimer, les accepter, échanger sur ce qu’ils éprouvent…).

Il est également important d’avoir à l’esprit que l’enfant est comme une « éponge » ou un « buvard » émotionnel. En effet, il peut absorber les émotions des adultes qui l’entourent (tristesse, peur, colère, tensions non-exprimées…). Il va ensuite les exprimer dans son comportement et dans son corps, par exemple « se mettre en colère pour rien ». Or, en réalité, ce n’est que le reflet de ce qui n’a pas été exprimé par l’adulte qui se manifeste. Dans cette situation, il est primordial pour l’adulte de parler à l’enfant de ses émotions refoulées, puis de les exprimer afin de les libérer. De plus, chacun de nos actes envers l’enfant mais également envers toute personne et ce, dans toute situation, lui adresse un message sur notre façon d’être, d’interagir, de réagir… dont il va s’inspirer dans son comportement (ex : si un adulte proche de l’enfant s’emporte facilement dans une colère, crie fort, voire tape sur quelque chose, l’enfant en fera de même dans une situation similaire).

Les « stratégies » de régulation des émotions

L’enfant découvre ce qu’il ressent très progressivement et perçoit les émotions très différemment de l’adulte. Lors de cet apprentissage au long court, il parvient peu à peu à différencier les expressions associées à ses émotions, comme la colère, la peur, la joie, la surprise… Il comprend aussi très progressivement la possibilité de maîtriser l’expression de ses émotions, d’utiliser ce qui est ressenti intérieurement, mais que de parvenir à le faire demande aussi beaucoup de temps car cela demande d’apprendre à regarder à l’intérieur de soi-même.

Pour y parvenir, différentes « stratégies » peuvent être mises en place :

  • Les stratégies de maintien sont basées sur la remémoration active de l’émotion car la pensée est accaparée à la vivre et à la revivre. Dans le cas d’émotions déplaisantes ou douloureuses, le terme « ruminer » qualifie cet envahissement intérieur constant par l’émotion.
  • Les stratégies de partage consistent à échanger avec une ou plusieurs personnes sur l’émotion ressentie afin de trouver du soutien, du réconfort ou de la compréhension lorsqu’elle est déplaisante, et à l’inverse lorsqu’elle est plaisante à la partager.
  • Les stratégies d’évitement visent à penser ou à faire autre chose pour ne plus être dans la situation en rapport avec l’émotion afin de tenter de s’en échapper.
  • Les stratégies de réévaluation consistent à considérer la situation avec un autre regard afin de favoriser son bien-être, par exemple en essayant de voir la situation sous un jour plus favorable, en cherchant un moyen de contourner l’obstacle, en dédramatisant…

Elles peuvent parfois se combiner dans la régulation des émotions (ex : un échange avec une autre personne peut raviver une émotion et favoriser la rumination, mais également entrainer une réévaluation). Le recours à telle ou telle autre dépend de la connaissance que l’on a de cette émotion ainsi que de son intensité : plus elle est forte, plus la régulation sera difficile à mettre en œuvre. Cela nécessite également d’ouvrir des espaces de dialogue avec l’enfant, dès que cela est possible, afin de se questionner et de chercher des réponses adaptées ensemble.

L’apprentissage du langage des émotions va également avoir un impact sur le comportement social de l’enfant, et notamment sa capacité à surmonter le stress et à exprimer ses affects. Un enfant qui enfouit ses émotions au fond de lui, qui ne peut par exemple pas manifester sa joie ou sa colère, n’apprend pas à tenir compte de ce que lui, mais également les autres, ressentent en eux. Il ne peut ainsi développer toutes les capacités de réflexion, d’empathie, ni de bienveillance pour lui-même ou pour les autres. Quand un enfant apprend à repérer ses émotions comme un message qui lui est adressé par son corps, il arrive mieux à s’adapter et à comprendre ce qui se passe pour lui mais aussi pour les autres.

Respecter et écouter les émotions d’un enfant, c’est également lui permettre de ressentir qui il est en prenant conscience de lui-même, d’être conscient de ses ressources (de ses forces comme de ses manques), de l’aider à se réaliser en tant que personne à part entière qui a le droit de désirer, de construire son sentiment d’identité et de personnalité qui lui sont propres. Tout ceci va contribuer à développer et à renforcer sa confiance en soi.

Ainsi, accompagner quotidiennement les enfants pour leur permettre de connaître, identifier, verbaliser, accepter et par la suite savoir utiliser positivement leurs émotions leur permet petit à petit de se construire, de grandir, d’adapter leur attitude pour mieux communiquer, de s’affirmer et d’entretenir leur propre bien-être. Les expériences émotionnelles précoces chez les tout-petits sont particulièrement importantes car elles sont le fondement de la construction des premiers schémas émotionnels. Il est également essentiel de se souvenir que chaque enfant se construit et évolue au gré de ses expériences dans l’ensemble des lieux de vie qu’il traverse, aussi bien à la maison que chez son assistant maternel ou familial.

Ce qu’il est essentiel de retenir :

  • Les émotions sont nécessaires au bon développement de l’enfant, il ne faut pas chercher à les réprimer.
  • Pleurer, crier, trembler… sont des remèdes naturels aux inévitables tensions de la vie quotidienne.
  • L’émotion permet de récupérer, de se reconstruire après une blessure.
  • Être attentif aux besoins de l’enfant pour pouvoir reconnaître ses émotions et faire preuve d’empathie.
  • Aider l’enfant en lui apprenant à comprendre ce qu’il se passe à l’intérieur de lui et à y mettre des mots.
  • L’apprentissage permet petit à petit à l’enfant de connaître, identifier, verbaliser, accepter et par la suite savoir utiliser positivement ses émotions.
  • Ouvrir des espaces de dialogue avec l’enfant, dès que cela est possible, afin de se questionner et de chercher des réponses adaptées ensemble.
  • L’environnement affectif de l’enfant joue un rôle essentiel.
  • L’adulte a nécessairement besoin d’être à l’écoute lui-même de ses besoins et de ses propres émotions pour pouvoir accompagner l’enfant.
  • La régulation des émotions a un impact sur le comportement social de l’enfant car cela lui permet de développer ses capacités d’empathie et de bienveillance pour lui-même et pour les autres.
  • Respecter les émotions d’un enfant, c’est également lui permettre de ressentir qui il est, de l’aider à se réaliser en tant que personne à part entière.
  • Une régulation émotionnelle adaptée favorise le bonheur, car elle lui permet de se sentir bien en lui et avec les autres.

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