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Les polluants de l’eau

lundi 2 juin 2014, par WEBMASTER

L’eau « polluée » signifie que ses qualités sont dégradées, ce qui a pour conséquence de perturber l’équilibre biologique de l’environnement, c’est-à-dire d’être toxiques pour les êtres vivants.
Les polluants toxiques sont surveillés, des valeurs-seuil ont été fixées à différentes échelles : au niveau mondiale par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), au niveau continental par le conseil européen, au niveau national par les ministères français concernés. Il s’agit couramment du plomb, des nitrates, des phytosanitaires, de l’aluminium, depuis peu les résidus médicamenteux, et bien d’autres éléments ; la qualité de l’eau potable est étroitement contrôlée.

Le plomb

Depuis la réglementation du 24/12/2013, la teneur limite en plomb autorisée dans l’eau du robinet est passée de 25 µg/l à 10 µg/l, selon les recommandations de l’OMS afin de réduire au maximum l’exposition de la population au plomb.

Les populations à risque incluent les :

  • enfants de moins de 6 ans : leur absorption digestive est élevée, 30 à 60 % de la quantité ingérée passe dans le sang contre 10 % chez l’adulte.
  • femmes enceintes : le placenta est perméable.
  • personnes âgées : l’ostéoporose entraîne une libération du plomb stocké dans l’os tout au long de la vie.

Les risques sont :

  • trois organes ciblés par le plomb : le système nerveux, les reins, la moelle osseuse.
  • le saturnisme aigue : si la plombémie est > 1000 µg/l chez l’adulte et 700 µg/l chez l’enfant, il y a un risque d’encéphalopathie avec convulsions, hallucinations.
  • le saturnisme subaigu : augmentation progressive de la plombémie provoquant douleurs abdominales violentes, hypertension, atteinte du système nerveux.
  • le saturnisme chronique : troubles psychiques, signe neurologiques, retard psychomoteur.

La prévention consiste à l’évitement du contact entre l’eau et le plomb. En France, les canalisations ont été remplacées progressivement ; fin 2013, il restait moins de 5% de canalisations en plomb du parc national des branchements publics.

Concernant les réseaux intérieurs, sans obligation le remplacement est cependant souhaitable dans les bâtiments accueillant un public sensible (crèches, maternités…). Dans le cas contraire, celui où les canalisations intérieures contiennent encore du plomb, il est recommander de/d’ :

  • laisser couler l’eau 1 à 2 minutes (faire une vaisselle par exemple) avant de la consommer quand elle a stagné dans la canalisation (ex. le matin ou au retour d’une journée de travail) ;
  • utiliser l’eau froide du robinet pour la boisson, la préparation et la cuisson des aliments, l’eau chaude favorisant la migration des métaux dans l’eau ;
  • raccorder l’adoucisseur sur le réseau d’eau chaude, car ce sont les eaux douces, et l’acidité, qui dissolvent les métaux ;
  • ne pas faire consommer cette eau du robinet aux femmes enceintes ni aux jeunes enfants ;
  • respecter les consignes d’entretien et d’utilisation de filtres visant à réduire la teneur en plomb, sachant que le ministère n’a pas délivré d’agrément pour ce type de dispositif c’est au fabricant de s’assurer de leur efficacité.

Les nitrates

Les nitrates se retrouvent dans le sol à l’état naturel, mais en forte concentration dans les lisiers et certains engrais minéraux.

Sans aborder les effets sur l’environnement, les nitrates ont un risque réel sur la santé des enfants. A la différence de l’adulte, l’acidité gastrique est faible chez le nourrisson de moins de quatre mois ; les bactéries capables de transformer les nitrates en nitrites y prolifèrent ce qui entraîne un dysfonctionnement au niveau des globules rouges. Les organes du bébé manquent alors d’oxygène, il est cyanosé (=bleu), avec des effets aigus importants voire graves. L’OMS et la réglementation française préconisent de ce fait la limite de 50 mg/l dans les eaux de boissons.

Les phytosanitaires = les pesticides

Depuis quelques décennies, la profession agricole, les collectivités et les particuliers ont eu tendance à utiliser les herbicides, insecticides, fongicides, parasiticides… Par ruissèlement, ces produits se retrouvent dans les eaux de nappes et de rivières.

Le décret n°2001-1220 du 20 septembre 2001 fixe les limites de qualités des pesticides dans l’eau de consommation :

  • 0,1 μg/l pour chaque pesticide,
  • 0,5 μg/l pour le total des pesticides mesurés.

Conçus pour cibler des mécanismes physiologiques, certains phytosanitaires artificiels ou naturels peuvent alors avoir des similitudes avec les hormones humaines, on les qualifie de perturbateurs endocriniens. Les actions de ces molécules, plus de 300, sont différentes :

  • elles peuvent agir à faible dose,
  • la réponse en fonction de la dose n’est pas linéaire,
  • l’effet peut être différent entre une molécule isolée et cette même molécule à la même dose mais mélangées à d’autres (effet cocktail),
  • elles interagissent tout au long de la vie, certaines périodes sont d’autant plus sensibles : in utero, enfance, adolescence. Les observations de ces dernières décennies chez les êtres humains et les animaux établissent une corrélation plus ou moins directe avec l’apparition de troubles de la reproduction, des troubles et des maladies thyroïdiennes, des cancers, l’obésité, le diabète et des troubles du neurodéveloppement (exemple de troubles de l’attention chez les enfants exposés fortement à une variété de pesticides organophosphorés).

L’exposition humaine varie considérablement et dépend des habitudes individuelles, des lieux de vie et de travail (les agriculteurs sont par exemple très exposés). L’eau fait partie des différentes sources de contamination.

Les résidus médicamenteux

De nombreux médicaments se retrouvent dans l’environnement volontairement ou non. Le corps humain élimine environ 50 % des médicaments encore actifs par voie urinaire ou fécale.

Ils peuvent provenir de la médecine humaine et vétérinaire, des rejets de l’industrie chimique et pharmaceutique. Ces substances se retrouvent à très faibles doses dans les ressources en eau. Il s’agit surtout des antibiotiques, des hormones, des produits anti cancéreux. Le degré de risques sur la santé humaine est encore mal connu.
En revanche, on a pu constater des effets dans l’environnement, telle que la « féminisation » des poissons en lien avec les perturbateurs endocriniens comme les résidus des pilules contraceptives, la toxicité des antibiotiques sur les algues bleues et vertes, et le fort pouvoir carcinogène-mutagène-génotoxique des anticancéreux est également surveillé.

Des mesures d’intervention mises en place au travers des plans nationaux santé, environnement et cancer pour limiter cette « micropollution » ont été renforcées par le Plan National sur les Résidus de Médicaments dans les eaux (PNRM) depuis 2011. Le PNRM s’appuie, entre autres, à estimer le danger sur les populations et les écosystèmes des molécules selon leur persistance dans l’environnement, leur accumulation dans les organismes et leur pouvoir toxique.

Au niveau individuel, les bonnes pratiques environnementales consistent à :

  • ramener les médicaments inutilisés ou périmés à la pharmacie avec leur emballage, au lieu de les jeter à l’évier, à la poubelle ou encore dans les toilettes. Le recyclage CYLAMED permet leur incinération dans des unités équipées de système de traitement des fumées, l’énergie récupérée permet d’éclairer et chauffer des logements.
  • éviter l’excès de consommation de médicament.

Actuellement, les résidus de produits cosmétiques ne font pas encore partis du PNRM, mais laissent également des questions en suspend à prendre en compte dans un second temps.

L’aluminium

L’eau peut en contenir car l’aluminium provient du ruissellement des sols, du traitement des eaux, mais la majorité des sels d’aluminium utilisés se retrouve dans les boues de décantation.
L’aluminium est toxique pour les cellules nerveuses et peut favoriser le développement de certaines pathologies (ex : maladie d’Alzheimer).

La valeur réglementaire de la concentration de l’aluminium dans l’eau est fixée à 0,2mg/L par la DCE (Directive Cadre Eau) et l’OMS.

Le chlore

La désinfection de l’eau utilise le chlore pour l’élimination des germes pathogènes. La question des effets des sous-produits de chloration de l’eau sur la santé a été étudiée. Des normes strictes ont été définies.

Le Bisphénol A

Cf. Lettre à Table : Mieux décrypter les produits pour mieux s’alimenter « les contenants alimentaires » du jeudi 22 mars 2012

Autres polluants

Radioactivité naturelle : les eaux sont soumises à la qualité radiologique depuis 2005 et le bilan indique que les références de qualité étaient toujours respectées.

Solvants (trichloréthylène),

Résidus de détergents,

Plastifiants,

Perchlorate d’ammonium (utilisé dans l’industrie militaire et aérospatiale),

Une enquête UFC Que Choisir du 20 mars 2012 sur la qualité de l’eau du robinet en France a montré que 97,5 % des foyers français étaient dotés d’une eau répondant en permanence aux normes de la réglementation française. Il peut arriver que l’eau soit momentanément polluée mais la veille du traitement des eaux est efficace.

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