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Diversification alimentaire des jeunes enfants : Mise à jour des recommandations européennes

mardi 17 octobre 2017

Le comité de nutrition de la Société européenne de gastro-entérologie, hépatologie et nutrition pédiatriques (ESPGHAN) a mis à jour ses recommandations concernant l’alimentation de complément chez le jeune enfant (les dernières datant de 2008). Ces recommandations sont issues d’une revue systématique de littérature concernant l’alimentation des enfants européens, nés à terme et en bonne santé, au cours de leur première année de vie. Elles permettent de prendre en compte les nouvelles données publiées, notamment sur l’introduction des aliments allergènes ainsi que du gluten. Par alimentation de complément, les auteurs désignent tout aliment, solide ou liquide, autre que le lait maternel ou le lait infantile.

La diversification alimentaire permet de répondre à l’évolution des besoins nutritionnels et développementaux du jeune enfant. Elle représente une étape importante de transition entre l’alimentation lactée exclusive et une alimentation variée et diversifiée.

L’âge de la diversification alimentaire

L’allaitement maternel exclusif est préconisé jusqu’à l’âge de 4 mois révolus et un allaitement maternel exclusif ou prédominant jusqu’à l’âge de 6 mois révolus. L’introduction des aliments liquides ou solides autres que le lait (maternel ou infantile) devrait se faire après l’âge de 4 mois et ne devrait pas être retardée après 6 mois. La poursuite de l’allaitement maternel est recommandée pendant la diversification alimentaire.

Les aliments allergènes

Les aliments allergènes peuvent être proposés dès le début de la diversification alimentaire, soit à l’âge de 4 mois révolus. Le gluten peut être introduit entre 4 et 12 mois révolus, en quantités modérées au cours des premières semaines après son introduction. Chez les enfants à haut risque d’allergie à l’arachide, celle-ci doit être introduite entre 4 et 11 mois, sous une supervision médicale.

Découverte des aliments

Afin de favoriser l’apprentissage du goût, il est essentiel de proposer régulièrement aux jeunes enfants des aliments aux saveurs et aux textures variées. L’accent est notamment mis sur l’importance d’introduire des légumes verts, pouvant avoir une saveur amère. Le lait de vache entier peut être introduit en petite quantité, mais il ne doit pas représenter la boisson principale avant l’âge de 1 an. L’ajout de sucre et de sel n’est pas souhaitable dans l’alimentation des jeunes enfants. De plus, les jus de fruits, tout comme les boissons avec des sucres ajoutés, doivent être évités.

Il est préconisé que tous les jeunes enfants consomment des aliments naturellement riches en fer, tels que des produits carnés, et/ou des aliments enrichis en fer. Une diversification alimentaire de type végétarienne ou végétalienne n’est pas recommandée pour les jeunes enfants. Le cas échéant, elle doit être mise en place sous contrôle médicale et diététique adapté afin d’éviter de multiples carences (vitamines B12 et D, fer, zinc, folate, calcium, acides gras oméga-3, protéines…). Les auteurs mettent en garde les parents souhaitant faire suivre ces régimes alimentaires à leur enfant sur les graves conséquences pouvant être liées au non-suivi des prescriptions de suppléments alimentaires.

Apprentissages et temps du repas

La texture et la consistance des aliments proposés doivent être adaptées à l’âge des jeunes enfants ainsi qu’à leur développement (capacités de mastication et de déglutition propres à chacun). Il est recommandé de remplacer progressivement les aliments mixés sous forme de purées par des textures grumeleuses entre 8 et 10 mois , puis par la suite avec des petits morceaux. Chaque enfant doit être accompagné à manger progressivement par lui-même, avec une évolution allant de la prise d’aliments avec ses doigts à l’utilisation de la cuillère. À partir de 12 mois, il devrait essentiellement boire avec une tasse d’apprentissage ou un verre, plutôt qu’au biberon. Les parents, tout comme les professionnels de la petite enfance, sont encouragés à nourrir l’enfant en répondant à ses besoins en termes de faim et de satiété, tout en évitant d’utiliser l’alimentation comme une récompense ou un réconfort.

Source : Fewtrell M, Bronsky J, Campoy C et al. Complementary Feeding : A Position Paper by the European Society for Paediatric Gastroenterology, Hepatology, and Nutrition (ESPGHAN) Committee on Nutrition. J Pediatr Gastroenterol Nutr. 2017 ;64(1):119-32.

Credit photo : Paul Ashley on Flickr

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