Accueil du site > Actualités > Profitons du plein air

Profitons du plein air

mardi 17 octobre 2017

Une récente étude montre que le temps passé à jouer en plein air ou à regarder la télévision pendant la petite enfance est déjà prédictif du risque d’obésité ultérieur.

En effet, les comportements impliqués dans la balance énergétique, c’est à dire l’équilibre entre les apports énergétiques alimentaires et les dépenses énergétiques liées à l’activité physique, qui sont connus pour influencer le risque d’obésité interviennent très tôt dans la vie de l’enfant :
-  plus les garçons passent de temps devant des écrans à 2 ans, plus ils ont un pourcentage de masse grasse corporelle élevé à 5 ans,
-  chez les filles, celles qui passent le moins de temps à jouer en plein air à 2 ans présentent un risque accru de développement de la masse grasse. Pour limiter le risque d’obésité, il apparaît donc essentiel de prévenir au maximum l’installation de ces comportements dès cet âge, d’autant plus qu’ils tendent à se maintenir de la petite enfance à l’enfance, puis de l’enfance à l’âge adulte.

Ces résultats, issus de travaux d’une équipe parisienne [1], ont été obtenus auprès de 883 enfants de la cohorte EDEN, suivis du début de la grossesse jusqu’aux 10 ans de l’enfant (étude démarrée en 2003). C’est la première étude de cohorte généraliste française menée sur les déterminants pré- et postnataux précoces du développement et de la santé de l’enfant. Les parents ont notamment été questionnés sur la durée habituelle passée par leur enfant à jouer en plein air et devant les écrans aux différents jours de la semaine, ainsi que sur la fréquence de consommation d’une trentaine de groupes d’aliments couvrant l’ensemble de l’alimentation, aux 2 ans de l’enfant. Ces informations ont été synthétisées sous forme de deux profils alimentaires, l’un caractérisé par une consommation fréquente d’aliments transformés de type snacking / fast-food, l’autre par des aliments en adéquation avec les recommandations nutritionnelles. L’ensemble de ces données ont ensuite été analysées et rapportées aux données anthropométriques à 5 ans : le pourcentage de masse grasse (mesurée par impédancemétrie) et l’Indice de Masse Corporelle (IMC).

Dès l’âge de 2 ans, l’activité physique et le pourcentage de masse grasse (adiposité) diffèrent entre les filles et les garçons, ces résultats ont donc été analysés de façon séparée pour les deux sexes. Chez les garçons, le temps passé devant les écrans est du temps sédentaire qu’ils ne passent pas à des activités plus dépensières en énergie ; une consommation plus fréquente d’aliments transformés de type snacking / fast-food y est d’ailleurs associée, possiblement liée à une exposition à la publicité alimentaire. Pour les filles, il est possible que le temps de jeux en plein air soit un meilleur indicateur de l’activité physique totale chez elles, ce qui pourrait expliquer en partie pourquoi la relation inverse entre jeux en plein air et adiposité ultérieure n’ait été observée que chez elles dans cette étude. Elle révèle ainsi que les enfants consacrent, en majorité, l’essentiel de leur temps à des activités sédentaires, alors que l’on pourrait penser qu’ils sont spontanément suffisamment actifs (il existe toutefois une grande variabilité interindividuelle).

Dans un souci de prévention précoce du surpoids chez l’enfant, il apparaît donc pertinent de s’intéresser à leur niveau d’activité physique ainsi qu’à la sédentarité, pas uniquement à leur alimentation. Ces résultats suggèrent l’importance de promouvoir et d’encourager les jeux en plein air dès le plus jeune âge et de limiter l’exposition aux écrans.

Des études complémentaires vont être réalisées et vont s’intéresser plus particulièrement à l’âge du rebond d’adiposité, c’est-à-dire le moment où l’IMC repart à la hausse après être passé par son point le plus bas sur la courbe de suivi (dans les carnets de santé des enfants). Ce rebond intervient généralement vers 6 ou 7 ans mais, s’il se produit plus précocement (parfois vers 4 ans), il est prédictif d’obésité ultérieure…

Pour plus d’informations sur les bénéfices du plein air ainsi que sur la place des écrans chez les jeunes enfants, vous pouvez consulter les éditions précédentes de la « Lettre à table » :
-  « A chacun son petit potager », dans l’édition « Apprentis cuisinier : un jeu d’enfant à partager au fil des saisons »
-  « La place des écrans », dans l’édition « Le repas : un vrai temps d’apprentissages à préserver »

Source : C Saldanha-Gomes et coll. Prospective associations between energy balance-related behaviors at 2 years of age and subsequent adiposity : the EDEN mother–child cohort. International Journal of Obesity (2016), 1–8.

Credir photo : Josef Turoci on Flickr

Notes

[1] unité 1153 Inserm/Université Denis Diderot/Université Paris Nord/Inra, Centre de recherche épidémiologie et statistique Sorbonne Paris Cité, équipe ORCHAD (early ORigin of the Child’s Health And Development), Paris

Réalisé par

logo_ireps

L'Instance Régionale d'Education et de Promotion de la Santé Bretagne - Antenne du Finistère

Adresse: 9, rue de l'Ile d'Houat
29000 Quimper
Telephone: 02 98 90 05 15
Site: www.irepsbretagne.fr
E-mail: contact29@irepsbretagne.fr

Avec le soutien

logo_ireps

du Conseil Départemental du Finistère - Direction de la solidarité, service PMI
Site: www.finistere.fr